Lutter contre la mouche de l'oignon

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Lutter contre la mouche de l'oignon

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La mouche de l'oignon est un insecte qui peut apparaître dès le mois d’avril. Elle provoque des dégâts importants à vos cultures d’oignons, échalotes ou poireaux, et cela qu’ils soient en semis, adultes ou récoltés. Comment diagnostiquer ces attaques, les prévenir ou les éradiquer ?

Voici pas à pas comment lutter contre la mouche de l'oignon.

Zoom sur la mouche de l’oignon

Description de la mouche de l'oignon

La mouche de l’oignon (Delia antiqua) est un insecte qui appartient à l’ordre très important des diptères :

  • C’est une petite mouche gris-jaunâtre (environ 6 à 7 mm de long) qui ressemble aux mouches communes. Elle s’en distingue par ses ailes jaunâtres et ses 5 bandes foncées sur le thorax, ses pattes et ses antennes bien noires.
  • Ses minuscules œufs ovales (1,5 mm en longueur) sont blancs et striés.
  • Sa larve blanche est un asticot mesurant jusqu’à 8 mm de long.
  • La pupe dans laquelle elle se nymphose est ovoïde et annelée. De couleur marron plus ou moins foncé, elle mesure environ 7 mm de long sur 2,5 mm de large.

Cycle de développement

La mouche de l’oignon apparaît selon les régions à partir des mois d’avril (dans le midi) ou mai (dans le nord), à la suite de la transformation de pupes qui ont hiverné dans le sol. Un adulte ne vit au maximum que 2 mois, période durant laquelle une femelle pond ses œufs (soit isolément, soit par paquets d’une quinzaine au maximum). Chaque femelle peut ainsi implanter, par cycles de 15 jours (à peu près), jusqu’à 200 œufs environ qu’elle dépose sur le collet des plantes hôtes, entre les écailles d’un bulbe ou à l’aisselle des feuilles.

Entre ces périodes de ponte, elle s’éloigne souvent des cultures attaquées.

Au bout de 2 à 5 jours, chaque œuf donne un asticot.

Selon la température ambiante, cette larve se développe entre 3 semaines (vers 15 °C) et 17 jours seulement (entre 25 et 30 °C). Durant cette période, elle se nourrit en creusant des galeries dans les tissus ou à la base des racines, provoquant ainsi des lésions qui pourrissent par l’action de diverses bactéries dont elle a entraîné la présence.

Une fois sa croissance terminée, elle sort de sa plante hôte (sauf pour les poireaux où elle demeure dans les tissus infestés) pour s’enfoncer légèrement dans le sol (5 à 10 cm maximum sous la surface) afin de se nymphoser ou d’entrer en diapause (vie au ralenti) pour passer l’hiver si la température du sol est inférieure à 15 °C (en septembre ou plus tard dans le sud).

Aux températures favorables de l’été, les nymphes se transforment en mouches au bout d’une quinzaine de jours. En France, on peut observer 2 à 3 générations au nord de la Loire et 4 à 5 dans le sud.

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Dégâts

C’est la 1re génération qui provoque le plus de dégâts sur les semis ou les jeunes plants repiqués. Une même larve peut s’attaquer successivement à plusieurs plantules. Leurs feuilles jaunissent, se flétrissent, ce qui entraîne leur affaiblissement puis leur mort.

Si les plants sont déjà plus développés, après repiquage par exemple pour les poireaux, ils flétrissent par zones lors de leur développement ultérieur, d’autant plus vite que la chaleur augmente. Quant aux oignons, ils pourrissent.

Enfin, sur les plants adultes, ces attaques de mouches de l’oignon provoquent l’installation d’un processus de pourrissement, bien visible lors de leur arrachage, et favorisent l’attaque complémentaire d’asticots provenant d’autres espèces de mouches se nourrissant uniquement de déchets.

Plantes attaquées par la mouche de l'oignon

Outre l'oignon bien sûr, la mouche de l’oignon s’attaque à d’autres alliacées (bulbeuses ou non) : ciboulette, échalote, ail, ainsi que le poireau.

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1. Diagnostiquez la présence de la mouche de l'oignon

Au moyen d’un piège jaune englué, capturez les mouches au milieu des plants d’oignons (ou d’autres alliacées) parmi lesquels certains se flétrissent et jaunissent.

Vous pouvez reconnaître les mouches de l'oignon assez aisément. Aidez-vous pour cela d’une simple loupe. En effet, l’adulte ressemble à une mouche domestique mais en plus grand (environ 7 mm de longueur). Mais à la différence de celle-ci, elle présente 5 bandes foncées visibles sur son thorax et ses ailes sont jaunâtres.

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2. Utilisez des méthodes préventives contre la mouche de l'oignon

Cas 1 : Vous avez déjà subi des attaques de la mouche de l'oignon par le passé

Lorsqu’une infestation de vos cultures a eu lieu précédemment :

  • Pratiquez une rotation des cultures. C'est un atout pour éviter une réinfestation assurée, car si vous avez subi les attaques de la mouche de l'oignon dans le passé, les pupes se sont réfugiées dans les sols pour s’y nymphoser.
  • Sur une portion de sol indemne de pupes, lors de vos semis et de leur repiquage, placez au-dessus un voile anti-insectes.
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Cas 2 : Vous n'avez encore jamais subi d'attaques de la mouche de l'oignon

Adoptez les mesures préventives suivantes :

  • Certaines cultures, telles que celle des carottes, semblent repousser cette mouche : alternez par exemple vos rangs d’échalotes avec des rangées de carottes.
  • Vaporisez régulièrement sur vos cultures des solutions aqueuses de décoction de tanaisie ou de purin de rue, employées couramment en agriculture biologique.
  • Assurez-vous de ne planter que des bulbes sains et, par précaution, saupoudrez-les avant plantation de poudre de roche pour agriculture ou de poudre d’algues calcaires utilisées en agriculture bio-dynamique.
  • Retardez au maximum la période de plantation pour éviter autant que possible qu'elle ne corresponde à celle des premiers vols de mouche de l’oignon.
  • Enfin, si vous faites des apports de fumier au printemps, évitez d’en employer du trop frais, qui serait attractif pour ce ravageur.
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3. Si vous avez des mouches de l'oignon, usez de traitements curatifs

Traitements naturels de la mouche de l'oignon respectant l’environnement

Si vous observez des attaques de la mouche de l’oignon, intervenez le plus tôt possible :

  • Arrachez et brûlez les pieds atteints de façon à interrompre la prolifération future à partir des larves.
  • Pulvérisez régulièrement sur les plants restants des solutions aqueuses répulsives à base de décoction de tanaisie ou de purin de rue, insectifuges naturels non spécifiques, utilisés en culture biologique.
  • Utilisez des pièges à mouches à phéromones, que vous trouvez dans le commerce, attirant la plupart des espèces de mouches. Il s’agit soit de cartons jaunes et englués mais dont la couleur attire aussi d’autres insectes, soit de petits flacons à ouverture piégeant les mouches. Ils permettent de diminuer, entre autres, le nombre de mouches de l’oignon.
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  • Vous pouvez également traiter vos plants attaqués en les pulvérisant 2 à 3 jours de suite avec une solution aqueuse à base de macération huileuse d’ail ou bien d’un purin de pyrèthre (à défaut, un insecticide commercial à base de pyréthrine et non pyréthrinoïde).
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Autres traitements

Si les mesures précédentes ne suffisent pas et que vous ne vous résignez pas à sacrifier votre culture, vous pouvez envisager des traitements chimiques, en n’oubliant pas toutefois qu’à la fin vous consommerez ces légumes et que vous risquez de nuire à votre environnement immédiat :

  • Effectuez, si vous le désirez, des pulvérisations répétées de solutions aqueuses à base d’extraits de pyrèthre et d’huile de colza, en n’oubliant pas que leur spectre d’activité ne se limite pas à la mouche de l’oignon. Elles détruiront les insectes adultes, les œufs et les larves avec lesquels elles seront en contact (mais les larves sont plutôt protégées dans leurs galeries).
  • Évitez l'emploi de certains pesticides (même s’ils se trouvent dans la composition de produits commercialisés, et même s'ils sont actifs sur la mouche de l’oignon), tels que :
    • Spinosad, très toxique pour les abeilles ;
    • Lambda-Cyhalothrine et Cyperméthrine, pyréthrinoïdes de synthèse, toxiques et longs à être éliminés ;
    • Pirimicarbe, très irritant pour les yeux et les poumons, très toxique pour les organismes aquatiques.
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Matériel nécessaire pour lutter contre la mouche de l'oignon

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Pulvérisateur à pression

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