Aménager un potager pour autosuffisance

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Aménager un potager pour autosuffisance

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Il est difficile de donner la recette pour obtenir un potager qui nourrisse un ménage, car cela dépend de nombreux paramètres. Cette fiche vous donne quelques clés pour choisir la technique de culture qui vous convient le mieux et obtenir un potager productif avec le minimum d'intrants, de mécanisation, d'efforts physiques et qui respecte l'environnement, le vivant. Ces techniques s'utilisent dans les systèmes bio-intensifs et agroécologiques inspirés de la permaculture.

Voici comment aménager un potager pour autosuffisance.

Zoom sur un potager pour autosuffisance

Obtenir un potager autosuffisant dépend de nombreux paramètres notamment :

  • des exigences et besoins du ménage (quantité et qualité des espèces cultivées) ;
  • de l'état du sol, de sa santé, de l'ensoleillement et de l'environnement ;
  • des possibilités d'arrosage, de paillage, d'amendement ;
  • des convictions du jardinier par rapport au mode de culture (usage ou non d'engrais, de pesticides, de variétés hybrides F1…) ;
  • de l'implication du jardinier et de son expérience (heures passées à travailler, mais aussi à observer les plantes, à se documenter, à échanger avec d'autres jardiniers…).
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1. Choisissez la technique de culture qui vous convient le mieux

Les quantités de légumes à semer sont difficiles à connaître tant que vous n'aurez pas expérimenté votre nouveau potager. Vous serez sans doute amené à transformer certains légumes pour les conserver, tandis que d'autres vous feront défaut. Vous ajusterez les quantités de plants, les densités de plantation et les surfaces consacrées à telle ou telle culture et probablement votre manière de consommer au fil des ans en fonction de vos résultats.

Voici exposées 2 manières extrêmes de mener un potager familial qui vous permettront d'adapter votre technique.

Attention, il existe de multiples façons de cultiver un potager, intermédiaires entre ces deux extrêmes, comme par exemple opérer une agriculture raisonnée (pesticides employés de façon raisonnée), une agriculture biologique sans butte mais avec paillage, avec labour (tracteur ou cheval) ou avec usage d'une grelinette pour ne pas retourner le sol, une culture sans labour mais avec usage de glyphosate (Round Up) comme herbicide, etc.

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Option 1 : réalisez un culture sur butte

Avantages de la culture sur buttes

La culture sur butte (terre des allées reportée sur les côtés pour former des buttes d'environ 50 cm de haut) est une pratique très ancienne, déjà utilisée chez les Mayas, notamment en maraîchage, destinée à :

  • améliorer le drainage (le maraîchage se pratiquait surtout dans les zones de marais pour des raisons évidentes) ;
  • éviter de piétiner la zone cultivée ;
  • permettre aux racines de pousser plus en profondeur et donc de produire des plants plus vigoureux ;
  • permettre une densité de plantation plus importante (côtés + plantation en quinconce + étagement des légumes en mélange + remplacement continu des légumes récoltés) ;
  • créer différents microclimats et réchauffer le sol plus rapidement ;
  • ne pas avoir à retourner le sol ;
  • faciliter une culture biologique avec présence d'auxiliaires et utilisation de la matière organique produite sur place comme fertilisant ;
  • favoriser le compagnonnage (effets bénéfiques entre plantes cultivées ensemble).

Inconvénients

  • Le principal inconvénient est l'effort que demande la construction de la butte au départ.
  • La butte s'assèche également plus vite qu'une culture à plat, ce qui conduit à pailler généreusement toute la surface de la butte et des allées, d'où une demande importante en déchets végétaux (ou minéraux : étalage de graviers ou pose de grosses pierres).
  • La récolte est moins rapide car les plantes sont en mélange et parfois à des stades différents.
  • La création d'une pépinière de jeunes plants est conseillée pour remplacer au fur et à mesure ceux qui sont récoltés.
  • Les légumes sont quelquefois moins gros car moins « poussés », mais leur valeur nutritive est plus importante.
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Option 2 : optez pour une culture en planches

Avantages de la culture en planches

Cette méthode devenue classique dans les jardins de nos grands-parents s'est accentuée avec la mécanisation et l'industrialisation de l'agriculture. Elle incite à produire en longues lignes pour rentabiliser le passage du tracteur ou du motoculteur.

  • Le travail du sol (labour, binage) et le semis d'une seule espèce le long d'une ligne sont simplifiés.
  • L'entretien, comme le buttage, les traitements, l'épandage d'engrais et la récolte, sont facilités et mécanisables.
  • La programmation des cultures est simplifiée.
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Inconvénients de cette technique menée à grande échelle

  • Les parasites sont plus nombreux car ils accèdent facilement à la plante.
  • Les parasites des plantes deviennent résistants aux pesticides que l'on emploie de plus en plus souvent, conduisant à la pollution du sol, des nappes phréatiques, de l'environnement en général, avec des effets graves sur la santé des consommateurs.
  • Les surfaces se sont agrandies, engendrant la suppression des haies, des forêts, l'assèchement des marais et les conséquences environnementales que l'on connaît (inondations, disparition de la couche arable, désertification, baisse de la biodiversité…).
  • L'emploi de machines de plus en plus lourdes et performantes ont conduit à labourer le sol de plus en plus profondément pour essayer de le décompacter, à augmenter l'emploi d'engrais minéraux jusqu'à anéantir la vie du sol (vers de terre, champignons, bactéries, autres décomposeurs).
  • Les rendements augmentent dans un premier temps avec l'ajout de fertilisants puis stagnent avant de baisser de façon irrémédiable tant que la vie du sol n'est pas restaurée.
  • L'espacement entre les lignes et la présence indispensable de larges allées diminuent la densité de plantation.
  • Les rotations de cultures s'imposent.

2. Augmentez la productivité de votre potager avec le moins d'intrants possible

Les rendements d'un potager diffèrent beaucoup selon la fertilité et la santé du sol, l'ensoleillement, la température, la densité de plantation, le choix des variétés, mais aussi en fonction de l'implication du jardinier. Le rôle de ce dernier consiste bien sûr à assurer :

  • l'arrosage en s'aidant d'un paillage généreux ou d'un binage superficiel (« un binage vaut deux arrosages » comme le dit le dicton !) ;
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  • la fertilisation : pensez à couper le légume au ras du sol en laissant ses racines pour nourrir les vers de terre et à alimenter le paillage avec les déchets de récolte non contaminés, l'amendement préalable de la parcelle en matière organique pallie également la pauvreté d'un sol ;
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  • le désherbage : le paillage, un entretien régulier et une plantation serrée réduisent fortement le travail de désherbage. N'oubliez pas que laisser des « mauvaises herbes » autour du potager permet aux plantes hôtes de favoriser la présence des auxiliaires qui vont pouvoir vous aider à lutter contre les parasites ;
  • la succession des cultures au fil des saisons ;
  • une observation quasi quotidienne, même s'il s'agit de quelques minutes par jour, pour contrôler la santé des plantes, effectuer le tuteurage, les pincements, la protection contre le soleil, le froid ou le vent, etc.
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Technique 1 : faites un potager en lasagne

Pour un jardinier amateur, la technique de la lasagne offre des résultats assez spectaculaires, même dans des endroits où justement le sol est absent ou ne convient pas à un potager.

Elle peut s'employer sur un sol en béton sur lequel sont posés des cartons et un empilement de couches de déchets bruns et de déchets verts bien humides, recouvertes de 10-20 cm de terreau. Le montage se fait généralement en une journée, mais nécessite d'avoir préparé à l'avance une quantité de « brun » (carton, bois, herbes ou feuilles sèches, paille, litière) et de disposer d'importantes quantités de « vert » (épluchures de légumes et de fruits, tontes de gazon fraîches, engrais vert récemment fauché…).

Le vert monte rapidement en température, ce qui stimule la pousse immédiate des légumes plantés sous forme de jeunes plants et la décomposition des différents déchets fournit les minéraux nécessaires à la croissance des légumes (inutile de fertiliser en cours de culture).

Les inconvénients sont qu'il est difficile de semer sur la lasagne si le terreau est grossier et que la lasagne s'affaisse et doit se reconstituer au printemps suivant.

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Technique 2 : faites une culture sous abri

Une autre technique qui permet d'augmenter ses rendements consiste à cultiver sous serre ou sous tunnel afin d'allonger la période de culture.

Cette technique requiert cependant :

  • une bonne maîtrise du climat (température, humidité) ;
  • un contrôle accru des ravageurs et maladies : l'introduction d'insectes auxiliaires est souvent nécessaire pour éviter des traitements importants.
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Technique 3 : produisez votre propres semences

Le fait de récolter ses propres semences sur les meilleurs plants de votre potager produit au bout de quelques années des variétés adaptées à votre terroir et donc plus productives.

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